La moyenne Encyclopédie du pr Talbazar

La moyenne Encyclopédie interactive du pro-fesseur Talbazar saura extirper à jamais de nos cerveaux assoiffés de connaissances, particulièrement blondes, l’ignorance des choses de la vie.

23 avril 2007

La machine à tuer le temps.

Salon des inventions.
Les machines essentielles du pr Talbazar : La machine à tuer le temps.



http://img87.imageshack.us/img87/9888/machtuerletempswg1.jpg

Auparavant, le temps devait être tué manuellement : en se tournant les pouces, par exemple... 
La pénibilité, la monotonie peu exaltante de cette occupation, qui plus est douloureuse pour les articulations arthritiques, ne nous a pas échappé.
Cette machine à tuer le temps agit comme un très efficace piège à temps, en offrant à son manipulateur un lot de stimulations multiples et variées.
Avec cette machine, d’une utilisation simple et ludique, le temps est pulvérisé sans relâche et définitivement perdu.
Le cœur du dispositif se constitue d’un tambour que l’on tourne à la vitesse de son gré, lequel entraîne automatiquement la course calculée de dents acérées, qui se chargent de broyer les particules de temps. Ces pointes providentielles  percutent doucement un jeu de lamelles métalliques, ce qui produit aussitôt une charmante diversion acoustique, en rompant le silence ;  de cette façon,  le temps qui passe se fait moins présent.
De plus, de véritables ondes de formes visuelles viennent égayer l’axe du tambour, de manière à ce que leur rotation régulière agisse sur l’œil de l’utilisateur d’une façon quasi hypnotique: on ne songe plus à regarder l’horloge.

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22 avril 2007

La machine à créer

Salon des inventions.
Les machines essentielles du pr Talbazar : La machine à créer



http://img50.imageshack.us/img50/7006/machinecrerdx2.jpg

Terminée l’angoisse du créateur ! Avec la machine à créer, tout le monde produira des chefs-d'œuvre... Elle se compose principalement d’une cuve à projets, où se décantent les imaginaires, et d’une antenne réceptrice des ondes créatrices, chargées de canaliser les influences. Un tube accélérateur de talent placé au cœur de la machine permet une rapide gestion des idées. Ce dispositif se voit couplé d’un pifomètre et d’un éphémère tube de l’année, alimenté en continu par un fort courant relationnel (alternatif).
Une soupape, appelée également défouloir principal, tempère cycliquement un petit cercle des théories de droite, et l’action majeur du diffuseur presse. L’équilibre de l’ensemble est maintenu par une action conjointe d’un canal de l’hémisphère droit et d’un canal de l’hémisphère gauche. Un large tableau de bord ergonomique gère la connexion des risques induits, l’entrée des expositions et la sortie des critiques.
La machine à créer peut s’adjoindre en option d’une éventuelle connexion multimédia ainsi que d’un pavillon externe de gestion des sons.
La délivrance automatique des oeuvres se fait par une sortie diamétralement opposée à un éloquent échappement humoral, composé de 50% de sueur, 1/25 de sang et de 1/25 de larmes.
A chaque instant, la machine à créer tisse à volonté la trame de l’actualité artistique, produisant fidèlement une manière de faire et de voir la création contemporaine, dans son intensité, sa force, sa qualité, mais aussi ses contradictions. 
La machine à créer réunit l’art à la vie jusqu’à les confondre, dans un éventail expressif illimité. Exaltant à merveille la matière, les possibles ne sont plus théoriques...
La machine à créer sait jouer pour nous un rôle actif, en interrogeant le monde pour en libérer sa signification, renouvelant le dialogue entre les parties du Tout.

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21 avril 2007

l’ A380

Transports collectifs.
Aujourd’hui : l’ A380


Les ingénieurs qui ont conçu ce magnifique avion qu’est l’Airbus A380 sont bien de leur temps. Surfant sur les contraintes de la mondialisation, il leur a fallut réfléchir à un système de propulsion écologique en tenant coûte que coûte le cap de la modernité. La taille démesurée des soutes de cet avion s’expliquera mieux si l’on détaille attentivement ce qu’elles cachent si mal. Les réacteurs de l’A380 ne sont  là que pour du vent. En effet, les soutes de l’avion géant sont munis de 882 pédaliers à double-commandes, sur lesquels s’attèlent en buvant du blanc-sec, le même nombre de ressortissants de la Chine populaire, mitigé de quelques citoyens  de la nouvelle Roumanie. Quelques promesses de primes de panier permettent de réguler la vitesse des mollets, afin d’affranchir l’avion des contraintes terrestres et le faire décoller comme Britney Spears, en fin de WK. De la même manière, la promesse inverse et les retenues sur salaires provoque  immédiatement la chute de l’appareil, qui peut atterrir sur la piste de cette dure réalité sociale, savamment orchestrée par les compagnies aériennes. On notera que les ingénieurs européens, en concevant cet engin que les indiens kaposi d’Amazonie nous envient tant, ont absolument tenu à remplir les réservoirs de l’appareil, non pas d’un kérosène lourd et inutile, mais par une quantité équivalente d’un excellent cognac. Si les  braves pédaleurs asiatiques chargés de faire évoluer, plein de gaz des fois, cet avion révolutionnaire dans l’atmosphère ouatée consomment cet élixir avec modération, ce n’est pas toujours le cas de certains pilotes. Attitude peu professionnelle qu’il nous faut bien dénoncer ici.
Dans l’A380, tout est bruit, espace confiné, obscurité totale, mais je dis ça avec une certaine mauvaise foi, pour me venger de ne pas avoir été invité au voyage inaugural.  Je me suis laissé dire par une hôtesse amie que ce vol promotionnel s’est rapidement transformé en viol de séduction. On vois sur les plans de la bête qu’elle fait 80 m de longueur. Je ne parlais pas de l’hôtesse, bien entendu, même si elle satisfait pleinement aux critères de sa charge. L’A380 pourrait donc tenir sur un terrain de foot, si ces derniers n’étaient pas tout bonnement les temples du vide. Ah belle machine ! dont le nez se lève en même temps que le nôtre, quand on le regarde décoller; en même tant aussi que le braquemard des stewart, qui connaissent très bien mon amie hôtesse, puisqu’il s’enferment le temps du vol dans les mêmes espaces réservés. Olga ! Olga ! vient dans mon aéroplane… c’est si bon, c’est si chaud, quand je le monte jusqu’en haut…
L’A380 possède 22 roues que l’on envoie se faire gonfler à la bouche en Bulgarie, avec le même souci de rigueur budgétaire qui préside à toute sa gestion. Une fois ses nombreux cognacs avalés le pilote se retrouve dans son cockpit avec entre les yeux un silence cotonneux. Heureusement, l’équipement standard de l’appareil prévoit quelques sacs plastiques réutilisables, avec le même souci de rigueur budgétaire qui préside à toute sa gestion. Un sac pour trois, toutefois, faut-il préciser. Le pilote allume les bougies de préchauffage en hurlant ses ordres brefs dans un grand cornet higt-tech, pour prévenir les chinois de la soute, et c’est parti pour de grisantes et interminables parties de looping audacieuses, sur le ventre, sur le dos, sur les flancs mais là je parlais effectivement des hôtesses et des stewart. La musique à bord est généralissime, avec un orchestre embarqué tout exprès, et qui sait avec science prendre ses flûtes de Pan, tant que dure le vol. Et alors les couleurs, je te dis pas les couleurs des sièges, jaune-vert d’un beau mauve, une vraie merveille, ma chérie, avec tellement de ces détails qu’ils vous frappent méchamment l’esprit jusqu’au retour, huit jours plus tard, dans un avion d’un autre type. Je vous laisse méditer là-dessus. Vecteur de vitesse, cap, horizon artificiel, histoire de ne pas finir en mer, nous laisserons là la respiration saccadée du pilote s’harmoniser avec les chants de victoire à la gloire du Grand Timonier qui résonnera longtemps encore à vos oreilles, par trente huit nœuds de vent devant, comme ajouterai en point final Olga,  la malicieuse hôtesse; laquelle,  en remontant le zip de sa petite jupe noire, confond toujours avec le fou-rire les aliments pour bébé et les médicaments liquides. Il est certain que vu de là-haut, le résultat est gravement bidonnant

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19 avril 2007

le Kuibekistan

Géographie du comptoir.
Aujourd’hui : le Kuibekistan


Le bus est le moyen idéal pour découvrir le Kuibekistan, et se laisser griser par la beauté singulière des paysages ravagés que l’on prendra le temps d’admirer. Surtout dans les côtes, quand il vous faudra descendre en compagnie des autres passagers, pour pousser sur des kilomètres cet ordure d’engin poussif et dangereux. Le Kuibekistan est un pays merveilleux, dont les restaurants rares aux odeurs indéniables, vous conviendrez là de quelques certitudes, prépareront pour vous de sympathiques repas minimalistes, avec à votre égard une espèce de sourire que même vos voisins de table remarqueront également, lorsqu’on vous  servira avec abondance une addition définitive.
Quarante pour cent de la population du Kuibekistan ne connaît pas ses origines et, à vrai dire, cette dernière a bien du mal à savoir où elle va. Cette grande nation possède fièrement un parlement peu utile, un drapeau discret que les petits enfants des écoles confessionnelles agitent avec joie, quand on le leur ordonne sévèrement. Elle chante aussi souvent son hymne national, dans cette langue venue du fond des âges que même les kuibekistannais ont du mal à comprendre. C’est la raison pour laquelle ils font constamment de grands gestes, et parlent avec les mains. On prendra garde à ne jamais regarder un Kuibekistannais dans les yeux, et encore moins à soutenir une conversation en face de lui. Sauf si l’on voit sa queue s’agiter, ce qui est le signe d’une franche soumission.
La vie au Kuibekistan est une sorte de rêve éveillé, vraiment, rythmée nonchalamment par les matins, les soirs, et l’abattage des troupeaux de bœufs locaux en pleine rue. La donne économique a certes beaucoup changé, depuis le moyen-âge; ainsi, quand aujourd’hui vous demandez l’heure à un Kuibekistannais, c’est vous qui devrez le payer, sinon il vous laissera profiter de l’air pur et du silence impressionnant de sa belle contrée.
La possibilité d’excursion du Kuibekistan en famille fera de vous un dangereux irresponsable et donnera lieux à quelques  sympathiques prises de bec avec des guides qui n’ont malheureusement guère connu autre chose que la banlieue de Kui-douze, la capitale. Cette métropole est aussi touffue que ses habitantes, tout aussi frénétique, et regorge de gens bourrés. Les claques lancées sur vos épaules sont une merveille que vous devrez rendre à chaque tournée, en plus de l’alcool du cru obtenu par la savante distillation d’os de poulet. Les plages du Nord ont les couleurs chatoyantes de ce que la mer rapporte chaque nuit, et dans lesquelles vous n’oserez sans doute pas marcher, absolument conquis.
Les Kuibekistannaises sont très velues, des jupes droites jusqu’aux genoux et méritent quelques déplacements chaloupés. Certains hôtels sont d‘ailleurs très bon marché, à condition de marcher beaucoup. Il est fréquent que des groupes d’enfants espiègles d’une trentaine d’années se regroupent autour de vous, dans les dunes pour y crever joyeusement les pneus des camping-caristes, créant ainsi une ambiance des plus chaleureuse. Si vous êtes un adepte de ce genre de loisir, il vous faudra donc absolument éviter de vous garer. Le Kuibekistan n’a pas attendu son heure pour être décalé et ce pays ne sera jamais plus beau que lorsqu’il vous verra venir. On met ses pas dans les leurs, et dans bien d’autres choses encore, avec ravissement, véritablement comblé par ce pays qui n’est qu’une allégorie enchantée du regret de s’y être rendu. 
Les grandes villes du Kuibekistan ne sont pourtant pas très faciles à appréhender pour un étranger. Il y a plus d’habitants que de logements, et moins de parking que d’automobiles. Une grande partie de la population urbaine tourne donc en rond, créant des embouteillages monstres et pittoresques qui font à coup sûr partie des trésors de l’humanité.
La culture est partout présente. Qu’il est bon de se baguenauder dans les ruines des usines en friche, au milieu des artistes locaux, lesquels vous injurient copieusement, avec talent, en traçant pour eux-même sur les murs lézardés des tags monumentaux. Vous les quitterez à regret, quand ils vous en auront donné l’ordre, gardant pour eux avec reconnaissance votre montre en or et les bijoux de votre femme. Oui, vraiment, le Kuibekistan est un pays fascinant, avec ses chauffeurs d’autocars qui pilotent debout, baissant des deux mains leur éternel bonnet de fourrure qui leur masque les yeux. Un pays que l’on ne visitera sans doute qu’une seule fois dans sa vie. Je vous laisse éditer là-dessus. Parce que vous serez bien obligé de penser aux soucis du retour, les Kuibekistannais sauront d’ailleurs avec plaisir vous y contraindre.
 
 

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18 avril 2007

La saisonnerie

Salon des inventions.
Les machines essentielles du pr Talbazar : La saisonnerie


http://img410.imageshack.us/img410/8902/saisonnerieto5.jpg

Faire la pluie et le beau temps ! Voilà qui est définitivement réglé avec cette saisonnerie, installation imposante qui permet de produire les quatre saisons à volonté.
Cette saisonnerie, appelée aussi saisonneuse, est équipé d’un circuit d’eau chaude / eau froide, d’une cuve à vent dominant, à neige, à pluie et d’un diffuseur de grand soleil.
Un levier d’inter- saison détermine un efficace pilotage transitionnel. Plusieurs capteurs agissent sur un différentiel à injection direct, afin d’évaluer l’inertie thermique des calculateurs analogiques, lesquels prennent en charge une conséquente cuve à nuages ainsi qu’un performant brumisateur/diffuseur de pluie.
En sortie, le printemps, l ‘été, l’automne et l’hiver sont asservis par de puissants pluviomètres, thermomètres, baromètres, alors qu’une option autorise un fin réglage de l’été indien.
Un tableau de contrôle jouxte le compartiment des rangements, où se trouvent un sac d’engrais de fond, un parapluie, une paire de skis et un ravissant bikini dernière mode.
Egalement situé près de l’écran central, un charmant et pratique calendrier des Postes, couplé d’un dicton du jour (mariage pluvieux, mariage heureux !) vient utilement compléter le dispositif.
Les saisons influencent indéniablement nos sentiments et nos humeurs, malheureusement la pression atmosphérique nous soumet aux caprices de sa loi d’airain. La saisonnerie nous délivre instantanément de ces dépendances météorologiques, en agissant efficacement sur les anti-cyclones et les zones dépressionnaires. Je vous laisse méditer là-dessus.
Pluies de printemps, orages d’été, vents d’automne, neiges d’hiver, brouillards et brumes sont fabriqués d’une manière rationnelle, pour un meilleur équilibre psychologique, sans oublier un environnement économique à chaque instant optimisé.

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Jedi Kilbésanbié

Panorama de l’art universel.
Aujourd’hui : Jedi Kilbésanbié -Installateur visionnaire




http://img86.imageshack.us/img86/8165/pilehn0.jpg

            Hors de prix, tel pourrait-être le prix de la rareté. Et c’est bien ce qu’elle est. Seule certitude : les œuvres. Aisément identifiable, l’artiste Jedi Kilbésanbié se doit d’être parisien. Il restera toujours dans le collimateur de l’amateur éclairé. Cet artiste imperturbable commet l’exploit rare de réduire la technique au geste plus qu’élémentaire, avec une vulgarité travaillée par l’effort de nos propres rêves.; Ni inconnu, ni trop méprisé par un marché de l’art en quête d’humanité qui le courtise comme une vieille pute, Kilbésanbié n’a aucune peine à nous faire discerner son sujet, le même à l’infini, dépouillé clairement de toute complexité psychologique. 
D’une invention étonnamment stable, c’est peu de le dire, nous tombons à chaque fois dans ses panneaux, car ils sont toujours dangereusement exposés. Il est très difficile de le faire comprendre à son assureur. On pense à Rembrandt, que l’on regrette aussitôt, au facteur Cheval, aux Cariatides du Parthénon. Bien au-dessus de la mort... Jedi Kilbésanbié  est un autodidacte comblé. Nous, un peu moins, et c’est bien dommage, même si la négligence de son discours aboli beaucoup de nos résistances. On se cogne aux murs, toujours, dans le brouillard du mystère, en auscultant la chambre claire de ses œuvres, comme des funambules qui se clignent de l’œil au passage, enfin sevrés des images bluffantes que l’on savait attendre de sa part.
Quand on entend le nom de Jedi Kilbésanbié, on se répète les noms des prochains délégués artistiques, en espérant en être, car les buffets sont toujours somptueux et d’une extrême qualité. Rappelons nous ce qui a fait son œuvre impérissable : la fondue aux trois fromages (1975), l’alambic 3*5 ( 1998), le trou blanc (1450), autant de réalisations d’un polymorphisme avoué, qui nous échappent à peine, mais c’est pour mieux nous retrouver nous-mêmes, nous ressourcer à l’abreuvoir collectif des saintes limites de la décentralisation artistique. Je vous laisse méditer là-dessus. Jedi Kilbésanbié  est un génie fantômatique qui sait nous rendre aveugle

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17 avril 2007

Enzuleur de mouche.

Fiche métier :
La belle vie imagée de Bébert Danlag, enzuleur de mouche.

Enzuleur de mouche, c’est un métier. Un beau métier que l’ANPE * peine à répertorier. Peine à jouir, aussi, mais ça tout le monde le sait. La mouche, non contente d’être une larme de séduction posée sur la joue de Marilyn, la mouche s’enzule. Parfaitement, étroitement. Les mouches sont toutes de fieffées enzulées qui n’ont pas autre chose à faire, quand on sait bien les prendre.
Bébert Danlag enzule les mouches à plein temps. Tout le temps. C’est ça ou voler. Il enzule les mouches, jamais les guêpes, celles-là ne pensent qu’à se flinguer, après la cuite. A chaque mouche qu’il enzule, Bébert Danlag hurle en baillant :
- Que Dieu te donne beaucoup d’enfants.
Les yeux baissés sur l’offre engagée, la mouche bat alors ses petites ailes transparentes, comme les collants de Jennifer Lopezzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzbzz. Après son office, Bébert Danlag décolle du plafond. L'adaptation est un atout, quand on possède de la conscience professionnelle. Mais tout a une fin. Je crains qu’un fort chômage s’installe dans la corporation élitiste des enzuleurs de mouche. Question d’élytre, qui favorise les membres actifs d’autres communautés.
Il nous faut réchauffer nos mains calleuses et désœuvrées à de nouvelles flambées patriotriques. Vous voterez pour moi, vous voterez pour moi qui l’exige, parce que mes parties ne réinterpréteront pas la loi au profit unique d’un intérêt particulier. Votez, oui, en confiance, au cœur même de notre ligne de partage, notre sniff bilatéral. La minute médiatique s’est écoulée, comme le reste, et je vous remercie.
Sur l’enzulage de mouche, Bébert, qui le pratique depuis quarante ans, est intarissable :
-Je les interviewe avant, jamais après. Il est compréhensible que le démarrage d’un bon enzulage se fasse dans la confusion. Il est par exemple nécessaire de bien dégager le goulet d’étranglement, afin d’autoriser le passage dans les deux sens. C’est une action éminemment technique. Le tout, presque sans un mot. Certaines mouches, pourtant, n’hésitent pas à prendre leur distance. Parfois, la mouche décoche.
Voilà la vie de Bébert Danlag, payé, bien payé par le centre culturel français pour enzuler les mouches.
-Bien sûr, ajoutera encore Bébert, pour nous convaincre, quelques mouches nous tendent la perche, qu’il faut alors savoir saisir fermement, d’un coup sec, et jouer habilement de la tapette. De la grande tapette à mouche enzulée. Pour de nombreux zzzzzzzzzzzzzobservateurs, le besoin d’argent est partout présent, mais la mouche, pour qu’on l’enzule, ne demande jamais rien. Juste qu’on lui passe un peu de beurre, sur la table de la cuisine, car la mouche vit de tout ce qu’elle peut sucer. C’est un beau métier, oui, enzuleur de mouche, qui ne se s’enivre pas de luxe; et les œufs de Bébert attendent gentiment les pluies de printemps pour éclore. Bien que les antilopes, les hyènes et les gnous vivent en parfaite sécurité dans le jardin de Bébert, sur lesquels d’ailleurs de vigilantes crises de Delirium veillent farouchement, la réduction des pâturages pourrait être à l’origine de la disparition de nombreuses mouches.
C’est pourquoi Bébert Danlag milite activement pour qu’on les réintroduise, encore et encore. Avec conscience et humanité. Plus méchants, plus bruitistes, moins doués, aussi, certainement, les faux-bourdons iront se faire enzuler par un autre que lui. C’est un très pur et un très très dur, qui fuit de partout les hommages et presque toutes les pompes, on ne peut lui faire avaler n’importe quoi, Nicky ! Il n’aspire à vendre aucun droit. N’avoir peur de rien et savoir innover. Goutte que goutte. Les mouches amères ne diront pas non, parce que enzuler une des leurs sera toujours plus facile que d’ouvrir un crédit de banque, où de réparer un couple qui bat de l’aile.
Je vous laisse méditer là-dessus. Il me faut, comme chaque jour, déménager une encombrante cargaison. Malodorante mission. Dans ce monde presque parfait, les mouches à Bébert y trouveront leur compte.

* ( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar /  Institutions inutiles : l'ANPE - VOL 1)

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L’oursin.

Leçons de choses contre-naturelles.
Section du joyeux Zoophile.

Aujourd’hui : l’oursin.


Tout d’abord, l’oursin n’est pas le petit de l’ours, c’est important de le noter. L’oursin est une véritable saloperie pélagique et ronde hérissée de pointes inoxydables, squattant  les fonds sableux, voir les bacs à sable des écoles primaires. Si vous manipulez les oursins autrement que vous empoignez tendrement la petite amie de votre sœur, cela peut vous faire très mal. L’usage d’un petit gant en latex se justifie alors pleinement, et vous devrez apprendre à plonger couvert. Attention, toutefois, cela pourra éventuellement irriter la petite amie mentionnée plus haut.
Ces stupides châtaignes de mer ont la tête à la place du cul, et le cul à la place de la tête, ce qui en ferait d’excellents conseillers ANPE.* Le reste à la forme d’un blond calice (forfait ADSL qu’il vaut mieux rayer de sa liste). Blond calice à la bouche pulpeuse, en cul de poule, riche en pinnules, surtout dans la région orale, pour se répéter. Les oursins sont réputés en gastronomie et savent cuisiner les lentilles au beurre mieux que moi, qui n’est pas référence. Ils se répandent en longues cohortes épineuses, sans jeu de mot, sur la côte Atlantique. Leur estomac occupe une position centrale, à l’instar de nos parlementaires, qui ne pensent qu’à bouffer, en s’évitant de penser.
La réfraction de l’eau peut jouer de biens mauvais tours. Des illusions sournoises, surtout si l’on y plonge une dose déraisonnable d’anisette. Il faut prendre garde, certaines fois, à ne pas confondre l’oursin avec les mines anti-sous-marines du troisième Reich, qui parsèment toujours les eaux internationales. Si cela vous arrive, vous disposez de trente secondes pour apprendre l’allemand et désamorcer la source de votre grossière erreur; ou remonter à la surface comme une torpille, sans palier, pour vous disséminer dans les nuages azurés, jusqu’au bord de la galaxie, en maudissant les loups gris de l’amiral König. Sieg Heil ! 
Une des phases de développement  des oursins consiste à vivre en tant que pauvre larve gélatineuse qui dégouline sur une structure ciliée, ce qui n’est pas sans rappeler la petite amie de votre sœur, déjà citée. Sphaerechinus Granularis est une espèce très commune, voir communiste. Les autres crinoïdes libres évitent les côtes cubaines et sont très abondants sur les côtes orientale de l’Amérique. La fécondation des oursins est externe, comme elle l’est pour beaucoup d’entre nous, hélas. Ils se nourrissent de petits organismes. De petits organismes sociaux pourrait-on préciser. On les voit se lever le matin, encore bourrés de la veille, oubliant leur rasoir, se traîner sur les fonds vaseux de leur misère, et l’abbé Pierre n’est plus là pour les plaindre. L’échinoderme ecchymosé est la ruine du rasoir jetable. Complètement assistés, certaines formes d’oursins au corps déprimé présentent deux zones ambulacraires, les deux premières formant le bivium, et les trois autres, le trivium, ce qui leur fait un look d’enfer. Tâchez d’imaginer. 
Chez les oursins, la bouche et l’anus s’ouvrent presque tout le temps, comme chez un présentateur télévisuel, et quand les poissons ont le malheur de les croiser, ils se rendent très vite compte que ça flingue sévère dans les environs. Non content de sentir le métro, les oursins jouent les fakirs de la mer. Leur exosquelette calcaire est mitraillé de tubercules où s’insèrent différentes sortes d’aiguillons. Je vous laisse méditer là-dessus. Ils ont aussi, comme vous et moi, un sac stomacal contenant pas mal de Ricard aux heures de midi, et un intestin client de chez Mac-Donnald. Si tu le secoues bien (attention, uniquement sous la surveillance d’un adulte…), si tu l’agites à fond, et si ensuite tu portes à ton oreille ce qui reste, cher ami scout,  tu entendras le bruit des vagues de la merde. C’est cool : ce n’est pas une légende !

* ( La moyenne Encyclopédie du pro-fesseur Talbazar /  Institutions inutiles : l'ANPE - VOL 1)

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